Pour une Société du Plan Nord au service des gens du Nord et de tous les Québécois
QUÉBEC, le 1er juin 2012 /CNW Telbec/ - Le Parti Québécois est et a
toujours été favorable au développement des territoires nordiques.
Cependant, ce n'est pas avec le plan marketing libéral du Nord actuel
que cela se fera au bénéfice des Québécois. Depuis le dépôt de ce plan
marketing, nous répétons qu'il faut que les redevances soient
augmentées par la mise en place d'une redevance plancher obligatoire et
d'un impôt sur le surprofit. Nous soutenons également qu'il faut
négocier et exiger la transformation locale lorsque cela est possible,
qu'il faut faire participer toutes les communautés autochtones, qu'il
faut investir davantage dans l'éducation et dans le logement pour les
populations nordiques et qu'il faut mettre en place un commissaire aux
mines basé sur le modèle du Forestier en chef.
L'opposition officielle désire aujourd'hui rappeler au ministre des
Ressources naturelles et de la Faune et responsable du Plan Nord et au
gouvernement libéral les exigences minimales pour qu'elle appuie la
création de la Société du Plan Nord. « Le projet de loi 27 est à
l'étude de manière intermittente depuis le mois de novembre 2011. Le 31
janvier dernier, dans un geste de bonne volonté et d'ouverture,
l'opposition a déposé ses principales demandes relativement à ce projet
de loi. Malheureusement, force est de constater que le ministre n'a pas
pris au sérieux ces demandes puisqu'à chaque fois que nous devons
étudier l'un des amendements que nous avons proposés, le ministre
réagit comme si c'était un nouvel amendement et il nous fait perdre
notre temps », a déclaré le porte-parole de l'opposition officielle en
matière de développement nordique, Luc Ferland.
L'opposition officielle souhaite rappeler les amendements proposés au
ministre depuis plusieurs mois.
Pour la mission
-
Que la Société négocie pour maximiser au Québec la transformation des
ressources naturelles exploitées sur le territoire du Plan Nord. La
Société doit jouer un rôle auprès des minières et négocier avec elles
afin qu'elles transforment le minerai au Québec lorsque cela est
possible.
-
Que la Société développe une politique favorisant les achats et les
contrats auprès des organismes, personnes et entreprises résidant au
nord du 49e parallèle. Pour que les entreprises exploitant nos ressources,
notamment Hydro-Québec, favorisent l'achat local lors de projets reliés
au Plan Nord.
Pour le conseil d'administration
-
Qu'au moins quatre membres proviennent des communautés autochtones et
inuites situées sur le territoire du Plan Nord afin que ces communautés
participent pleinement au développement du territoire qu'elles
habitent.
-
Qu'au moins huit membres résident sur le territoire du Plan Nord afin
que les projets de la Société reflètent véritablement les besoins des
gens du Nord.
-
Que le conseil d'administration respecte la Loi sur la gouvernance des
sociétés d'État particulièrement au niveau de l'indépendance des
membres du conseil.
-
Que le président-directeur général réside sur le territoire du Plan Nord
afin que celui-ci connaisse les enjeux du territoire et de ses
habitants. L'amendement a été battu par le gouvernement. Il est
inconcevable que le dirigeant d'une société d'État dédiée au
développement du Nord réside à Québec ou à Montréal. Malheureusement,
cela ne semble pas déranger les libéraux.
Pour les infrastructures
-
Que le gouvernement puisse, par règlement, déterminer l'usage d'une
infrastructure afin que d'autres utilisateurs puissent en disposer. Il
s'agit d'un amendement important pour pouvoir réellement ordonnancer
les projets et coordonner le développement du Nord. Il s'agit également
d'éviter les conflits d'usage d'une infrastructure et de se donner les
moyens de les régler s'ils se produisent. L'opposition veut éviter que
chaque mine ou projet se dote de son propre aéroport, son propre chemin
de fer ou sa propre ligne d'électricité. Le gouvernement pourra ainsi
véritablement réguler le développement des infrastructures dans le
Nord. Dans le même ordre d'idées, nous avons proposé que toute
infrastructure dont la conception ou la réalisation fait l'objet d'un
financement autorisé à partir du Fonds du Plan Nord demeure propriété
de l'État.
-
Que toute infrastructure majoritairement utilisée par une entreprise ou
un projet privé ayant reçu une contribution du Fonds du Plan Nord fasse
l'objet d'un partage des coûts. Cet amendement a été battu par le
gouvernement, ce qui nous a confirmé la volonté libérale de construire
des infrastructures servant les compagnies privées avec l'argent des
contribuables.
Pour la transparence
-
Que le plan stratégique soit étudié par la commission compétente de
l'Assemblée nationale afin que les élus aient un contrôle sur les
orientations de la Société.
-
Que les plans d'immobilisation et d'exploitation soient rendus publics.
Le gouvernement a refusé cet amendement. Le plan d'immobilisation
contient les projets qui seront financés dans l'année à venir, alors
que le plan d'exploitation contient le budget de fonctionnement de la
Société. Comment les habitants du Nord participeront au développement
de leur territoire s'ils ne connaissent pas les projets qui se
réaliseront sur le territoire?
Pour la participation des communautés
-
Que la Société organise annuellement une consultation publique afin que
les communautés et les habitants des territoires nordiques puissent
suggérer les projets qu'ils souhaitent voir se réaliser et la manière
dont ils doivent se réaliser. L'amendement a été battu par le
gouvernement. Quel rôle joueront les citoyens dans le développement de
leur territoire? Le gouvernement ne semble pas vouloir les faire
participer.
« Le gouvernement doit accepter nos demandes. La société d'État que nous
proposent les libéraux doit au moins servir les populations nordiques
avant les minières étrangères. Dans sa forme actuelle, la Société du
Plan Nord est au service des minières », a affirmé la députée de
Duplessis, Lorraine Richard.
« Nos amendements sont un minimum. Nous demandons de la transparence, un
juste retour de l'exploitation des ressources naturelles pour les
communautés nordiques et pour tous les Québécois, ainsi qu'une
représentation des gens du Nord au sein de la Société », a poursuivi le
député de Rousseau et porte-parole de l'opposition officielle en
matière de finances et de développement économique, Nicolas Marceau.
« Comment le gouvernement va-t-il coordonner le développement du Nord et
ordonnancer les projets s'il refuse de se donner les moyens
d'intervenir sur le territoire? Nos demandes sont connues du ministre
depuis quatre mois. Il est temps de les intégrer au projet de loi
créant la Société du Plan Nord », a conclu Luc Ferland.