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À la veille du Forum mondial de la langue française - Bilan linguistique des libéraux : la vraie raison d'avoir honte

MONTRÉAL, le 20 juin 2012 /CNW Telbec/ - À l'heure des bilans de la session parlementaire, le député de Drummond et porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue, Yves-François Blanchet, dresse un bilan négatif du gouvernement de Jean Charest en matière linguistique. « Il s'agit d'un sombre bilan qui suggère que ce n'est pas de la jeunesse du Québec dont Christine St-Pierre doit avoir honte, mais bien de sa propre prestation pour promouvoir et protéger notre langue nationale », a-t-il déclaré.

Du 2 au 6 juillet 2012, la ville de Québec accueillera le premier Forum mondial de la langue française rassemblant 1500 jeunes de la Francophonie en vue d'échanges sur la place et l'avenir du français. Or le 5 juin dernier, la ministre de la Culture et des Communications, également responsable de l'application de la Charte de la langue française, affirmait que le Forum mondial de la langue française serait une occasion de « redorer le blason du Québec » mis à mal par les manifestations étudiantes associées à la « violence et l'intimidation. »

« Comment la ministre peut-elle être satisfaite du fait que 18 % des commerces ne respectent pas les dispositions actuelles de la charte en matière d'affichage au centre-ville de Montréal en 2012 et que ce chiffre soit de 28 % pour l'ensemble de l'île en 2010? Comment peut-elle être satisfaite du fait que l'accueil se fait en français dans seulement 84 % des commerces de l'île de Montréal et qu'au centre-ville, ce taux est passé de 89 % en 2010 à 74 % en 2012, un recul de 15 % en deux ans? Comment peut-elle être satisfaite du fait que l'accueil bilingue dans les commerces ait connu une augmentation de 1 % à 13 % en deux ans? », s'est questionné le député.

Yves-François Blanchet fait état de l'inertie imposée à l'Office québécois de la langue française qui, de sombre constat en sombre constat, promet des initiatives, de la sévérité, de l'embauche, mais qui, de fois en fois, ne fait que répéter la promesse.

De plus, le député de Drummond dénonce les ministres Christine St-Pierre et Kathleen Weil qui ferment les yeux sur un pourcentage dramatique d'immigrants qui, non seulement ne s'intègrent pas en français, mais qui, dans plusieurs cas, ne le parleront même jamais. « Pendant ce temps, la ministre de l'Immigration force un délestage de ses responsabilités sur des organismes qui ne sont pas outillés pour les assumer. Le ministère de l'Immigration a même restreint l'accès aux cours de francisation à temps partiel », a-t-il rappelé.

« Le gouvernement tolère l'inacceptable : le recours illégal aux communications bilingues par plusieurs administrations municipales et la nomination de dirigeants unilingues anglophones à la tête de sociétés d'État du Québec. Il feint aussi de s'inquiéter que des entreprises privées et le gouvernement fédéral se moquent de la loi 101 et multiplient les nominations d'unilingues anglophones », a ajouté Yves-François Blanchet.

Le Parti Québécois s'inquiète de l'inversion du paradigme linguistique mis en place par la loi 101. « Dans un état normal, la langue officielle est essentielle, la langue seconde utile.  Le Québec du PLQ se dirige vers l'inverse : l'anglais est essentiel, le français utile. C'est pourtant la langue officielle et on rassemble les conditions d'une discrimination en emploi à l'encontre des francophones », a-t-il ajouté.

« L'heure n'est plus seulement aux bilans, mais aussi aux propositions. Un gouvernement du Parti Québécois s'engage à réécrire la Charte de la langue française pour l'adapter à 35 ans d'évolution de la société québécoise et d'attaques à ses fondements par la Cour suprême du Canada, à élargir son application aux entreprises de 11 à 49 employés pour endiguer l'anglicisation, entre autres, des commerces de Montréal, mais aussi aux cégeps afin que des diplômes obtenus en français mènent à des emplois en français », a-t-il indiqué.

« Le Parti Québécois s'engage également à abolir les écoles passerelles en assujettissant les écoles privées non subventionnées à la loi 101, à adopter la loi 591 sur la nécessité de maîtriser le français pour diriger une société d'État et à s'assurer que chaque immigrant soit accompagné dans une démarche de francisation réussie. En matière d'affichage, le Parti Québécois appliquera les dispositions actuelles de la charte afin d'en évaluer l'efficacité, un travail qui n'a pas été fait depuis dix ans. Enfin, le Parti Québécois souhaite rapatrier au Québec l'entièreté des pouvoirs en matière linguistique, exclusivité que confirmera bien sûr l'accession à la souveraineté. »

Yves-François Blanchet rappelle enfin que le premier ministre Charest a comme stratégie électorale de capitaliser sur un conflit social jusqu'aux élections pour cacher son bilan, notamment celui en matière linguistique.

« Embrigadée dans cette cynique façon de faire la politique, Christine St-Pierre attaque tantôt les étudiants, tantôt les artistes, associant bêtement le carré rouge à la violence et l'intimidation. À l'aube du Forum mondial de la langue française, c'est de leur bilan dont les libéraux doivent avoir honte. Par ses simples propos, Christine St-Pierre s'est disqualifiée comme ministre de la Culture et ministre responsable de la Charte de la langue française. C'est un honneur que nous font ces centaines de jeunes du monde entier en convergeant vers notre capitale nationale. Malheureusement, l'exemple que ce gouvernement offre, c'est celui de la négligence, du recul au profit de l'anglais, de l'abandon inerte de l'âme même de notre culture. Faisons donc du Québec, ensemble et pour de vrai, un fier exemple d'État français, de pays français! », a conclu Yves-François Blanchet.


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