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Sélection et intégration de nos immigrants - LA MINISTRE JAMES AFFAIBLIT LE SYSTÈME DE SÉLECTION ET FAIT UN SUIVI À RABAIS
    QUÉBEC, le 23 oct. /CNW Telbec/ - Au cours d'un débat tenu ce matin à
l'Assemblée nationale, le député de Vachon et porte-parole de l'opposition
officielle en matière d'immigration, Camil Bouchard, accompagné du député de
Deux-Montagnes et porte-parole en matière de communautés culturelles, Benoît
Charette, a vigoureusement dénoncé les décisions prises par la ministre de
l'Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, d'abandonner de
plus en plus les entrevues de sélection avec les personnes qui demandent
d'immigrer au Québec. Il lui a également reproché son peu d'empressement à
encadrer le travail des consultants privés qui se placent en compétition
directe avec les conseillers du ministère de l'Immigration et des Communautés
culturelles (MICC).
    «Alors que les cibles d'admission ne cessent de croître, la ministre
James choisit d'affaiblir le système de sélection des personnes qui veulent
immigrer au Québec. Elle persiste dans sa volonté de doubler jusqu'à 40 % le
taux des certificats qui seront accordés sans entrevue aucune, sur le simple
examen du dossier papier ou électronique. Cela relève d'une insouciance
inadmissible. La ministre a fait la démonstration cette semaine qu'elle ne
savait rien de ce que les consultants privés racontent aux candidats. Elle ne
connaît même pas le nombre de dossiers où ceux-ci interviennent. De surcroît,
elle prive les conseillers de son propre ministère de valider les informations
contenues au dossier de l'immigrant par des entrevues formelles face-à-face.
Pour la seule année 2010, cela signifie que près de 12 000 candidatures
seraient retenues sans validation des informations par entrevue», a déploré
Camil Bouchard.
    Le député de Vachon a rappelé que le Québec n'a aucun contrôle sur
l'exactitude des informations fournies aux candidats par les consultants
privés, comme il n'a aucune prise non plus sur l'exactitude des informations
fournies par les candidats eux-mêmes. Seuls les conseillers du MICC sont en
mesure d'informer correctement les ressortissants étrangers quant aux
conditions et exigences prévalant au Québec; ils sont aussi les seuls à
pouvoir vérifier leurs prétentions, notamment au chapitre de la formation, de
la maîtrise de la langue, du respect des valeurs du Québec.

    UN SYSTÈME INTÈGRE?

    «Yolande James affirme que le gouvernement s'est saisi du dossier des
consultants dès 2004. Se saisir du dossier ne signifie pas agir : rien n'a été
fait, malgré un volumineux rapport produit par le MICC sur cette question en
2005. Elle a affirmé cette semaine qu'elle entend mettre en place un mécanisme
qui, selon son expression, »va être plus intègre«. C'est donc dire qu'elle
admet que le présent système l'est moins. On se demande si cette nonchalance
ne permet tout simplement pas de laisser le champ libre aux consultants pour
mieux couper dans les ressources humaines du ministère», a fait observer Camil
Bouchard.

    ABSENCE DE SUIVI POUR LES 2/3 DES IMMIGRANTS ADMIS AU QUÉBEC

    Le Parti Québécois s'inquiète et désapprouve par ailleurs qu'une fois
admis et en sol québécois, il n'y a aucune obligation pour les nouveaux
arrivants de rencontrer un conseiller du MICC, le ministère estimant à
seulement 30 % le taux des nouveaux arrivants rencontrés par ses conseillers.
C'est donc dire qu'à aucun moment le Québec ne se donne la possibilité de
faire le point avec chacun des nouveaux arrivants sur leur parcours
d'insertion et de participation à la vie québécoise.
    «Le gouvernement laisse aux immigrants et aux ressources communautaires
la responsabilité d'une insertion et d'une participation civique réussies. Or,
malgré une augmentation fulgurante du volume d'admissions durant les dix
dernières années, les budgets alloués à ces organismes n'ont pas suivi», a
indiqué le député de Vachon.
    «La ministre accepte de bon gré d'affaiblir le système de sélection et de
laisser les immigrants à eux-mêmes pour des raisons idéologiques de diminution
de la taille de l'État. Alors qu'elle déplore un taux de chômage inacceptable
de près de 30 % chez les immigrants Maghrébins, elle persiste à couper les
ressources de son propre ministère aux dépens des candidats qui espèrent une
vie plus gratifiante au Québec. C'est illogique», a insisté Camil Bouchard.

    CONFUSION SUR LES VALEURS QUÉBÉCOISES PRÉSENTÉES À L'ÉTRANGER

    De son côté, le député de Deux-Montagnes et porte-parole en matière de
communautés culturelles, Benoît Charette, a relevé la confusion entre les
informations sur les valeurs québécoises présentées à l'étranger aux candidats
à l'immigration alors qu'ici au Québec, nos valeurs et leur primauté ne sont
pas totalement intégrées à nos lois. «Cette situation place les nouveaux
québécois dans une situation ambigue et ne favorise pas leur pleine
participation à la société québécoise. Il est temps de corriger cette
importante lacune», a déclaré Benoît Charette.
    Le Parti Québécois réclame donc de la ministre James qu'elle maintienne à
80 % le taux de certificats de sélection du Québec octroyés par les entrevues
en face-à-face. Il lui demande aussi de réglementer les activités des
consultants privés comme promis en 2004 et l'enjoint à un suivi plus rigoureux
et plus soutenant de la participation civique des personnes qui ont choisi le
Québec pour y vivre.
    «Le fameux et mystérieux I manquant dans la publicité télévisée de la
ministre réfère actuellement à l'Irresponsabilité et l'Insouciance de
l'approche du gouvernement libéral envers les personnes désirant vivre au
Québec. Il ne reste plus qu'à la ministre James d'y voir sans délai pour
corriger le problème», a conclu Camil Bouchard.
    


    
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